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Noël. Accueillir le Don de Dieu.



Homélie de Noël 2012

Frères et Sœurs, contrairement aux bergers, nous n'avons sans doute pas entendu les anges nous dire qu'il fallait venir à la messe ce soir ! Ni même simplement nous faire part de la naissance du Sauveur. Pourtant nous avons reçu, nous aussi cette annonce !
Ce soir nous ne sommes pas là pour un spectacle, ni même une commémoration, mais bien pour célébrer la venue de Dieu en notre humanité.

Les lectures de ce soir nous ont rappelé le don qui nous est fait ! « Un enfant nous est donné ! »

C'est au cours de l'histoire que surgit la venue du Christ. Et cette venue à bouleversé l'humanité.
Ce qu'il s'est passé et qui nous est rapporté par les Evangiles et les apôtres, a frappé les oreilles de tant d'hommes et de femmes, leur donnant de répondre par l'intermédiaire de la foi à Jésus Sauveur.

Si Dieu a marqué d'une manière incomparable l'histoire des hommes en se manifestant à tous en la personne du Christ, il ne s'impose pas à nous pour autant.
La simplicité, l'humilité, la discrétion de la crèche, montre qu'il vient en laissant place à notre liberté de répondre.

Il vient rejoindre les bergers là ou ils sont, dans leur lieu de vie et de travail, pour les inviter à accueillir, à se mettre en route vers celui qui peut combler leur espérance.
Ils auraient pu ne pas répondre. Ne pas se déplacer. Ils auraient pu considérer cela comme des histoires de grand-mère pour endormir les enfants ! Mais ils ont accepté de se mettre en route et d'aller voir de leurs yeux et de se réjouir du don qui leur est fait !

Frères et Soeurs, si nous venons ce soir en cette église, pour réentendre des histoires à la manière des contes de Noël, il y a peu de chance que cela change notre vie ! Nous risquons bien alors de nous en réjouir qu'un instant et passer les fêtes, retomber dans le train-train quotidien. Il se peut même que nous soyons tenter de laisser tomber tout cela et de perdre la foi.
Un peu comme ces enfants qui arrêtent le catéchisme parce qu'il ne sente pas pris au sérieux et qu'il regarde l'Evangile comme un livre de belles histoires qu'ils n'ont bien sûr plus besoin pour s'endormir !

L'Evangile n'est justement pas là pour nous endormir mais pour nous réveiller et nous remettre devant les yeux le sens et la grandeur de la vie qui nous a été offerte !

Comme je le dis souvent aux jeunes, nous n'avons que peu de chose à faire, de savoir comment c'est passer la naissance d'un petit Israélite il y a plus de 2000 ans, combien même il aurait dit des belles choses !

Mais la fête de la nativité du Seigneur appelle à la foi en un Dieu qui est proche. Dieu rejoint notre vie quotidienne et nous propose de vivre dans la confiance.

La fête de la nativité change notre regard sur Dieu quand nous le considérions comme loin de nous. Elle nous donne d'accueillir le Dieu éternel et véritable dans la fragilité d'un petit enfant. Il se risque à être rejeté et pourtant se propose sans cesse à chacun de nous sans condition, sans mérite, juste par amour !

Dans cette relation, la vie chrétienne devient passionnante. Elle nous met en contact avec celui qui nous connaît mieux que nous même, qui parle à notre cœur, qui nous permets de regarder le sens de notre vie et sa destiné plus que ce qu'on laisse derrière soi !

De la crèche à la croix, de l'incarnation à la résurrection, Dieu ne cesse de se donner comme chemin de vie. Il se donne même en nourriture pour nous et nous appelle à devenir membre de son corps.

Nous pouvons être fier de notre foi ! Car nous avons la joie de connaître et d'aimer celui qui n'est qu'Amour !

Nous pouvons être heureux, non d'une joie superficielle, passagère ou naïve, mais d'être conduit des ténèbres à son admirable lumière.

Nous pouvons véritablement vivre dès maintenant de la joie de croire.
Combien pensent qu'ils sont en recherche ! Alors que c'est Dieu lui même qui nous cherche et qui vient à notre rencontre.
Combien peuvent se dire : « j'ai la foi ! » Comme si la foi était d'ouvrir un livret d’Épargne dont on pourrait se servir en cas de besoin !

Comment accueillons-nous et vivons-nous du don de Dieu ?
Si nous n'écoutons que rarement l'Evangile, si nous ne venons pas puiser à la source qu'est l'Eucharistie, si nous ne prions pas même un tout petit moment chaque jour ? Il ne faut pas s'étonner d'avoir l'impression que la foi n'apporte rien ! Et Dieu au lieu de devenir notre ami et la source de notre joie véritable, devient une idée, une option que l'on choisi parmi tant d'autres ou parmi d'autres activités. La foi ce n'est pas cela ! Mais bien une relation à une personne vivante et vraie.

Encore une fois l'enfant de la crèche ne viendra pas s'imposer à nous. Il ne viendra pas nous séduire comme savent le faire les propositions commerciales. Il ne viendra pas pour nous demander de nous couler dans le moule de la bonne pensée du moment qui fera croire d'être enfin à la page !

Celui qui veut l'accueillir, celui qui veut être son disciple, connaîtra comme tout un chacun les joies, les difficultés, les tristesses et les angoisses des hommes de notre temps. Car il partagera en tout point leur vie. Il connaîtra aussi des épreuves comme le Christ en a connu en son temps, mais il pourra les vivre avec le don et la force de l'Esprit Saint qu'il communique.
Au milieu de ce monde il sera comme tout le monde et pourtant il y a une Bonne Nouvelle qui habitera son cœur et pourra le rendre lumineux. Son espérance dépassera souvent la logique humaine.

Je vous invite Frères et Soeurs en cette nuit à vous réjouir du don qui vous est fait en Jésus, parce que Dieu vous aime.
Redites-lui votre confiance. Choisissez le comme compagnon de route et comme ami.

Car s'il vient ce n'est pas juste pour une nuit de Noël, mais pour habiter nos vies de tous les jours. Si par l'Eucharistie que nous célébrons il nous donne sa Parole et son Pain, c'est pour mieux nous retrouver dans notre travail, dans nos loisirs, dans nos relations amicales, familiales et professionnelles.
C'est là que nous pourrons rester en sa présence, c'est là que nous pourrons transmettre sa lumière, c'est là qu'il nous attend.

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